Le château

Originellement maison forte et relais de chasse des comtes du Roure, l’actuel château des Lèbres fut érigé fin XVIe – début XVIIe siècle. Partie de la seigneurie de Banne, sa construction fut concomitante à celle du fort de Banne dont il était la dépendance.

En 1792, le fort de Banne est détruit sur ordre de la Convention, un noyau de contre-révolutionnaires y ayant pris place. En ruine, inhabité et pillé de 1792 à 1799, le comte du Roure décide donc de s’en séparer ainsi que de l’intégralité de ses biens situés à Banne, dont le château des Lèbres fait partie. L’ensemble est alors vendu en 1799 à son lointain cousin, Henri Colomb.

RECONSTITUTION EN 3D DU FORT DE BANNE, AUJOURD’HUI EN RUINES (réalisation Raymond Masquin, 2013)

Ancienne et importante lignée de huguenots originaire des Vans, les Colomb s’établissent au château des Lèbres dont les bâtiments ont été épargnés par la tourmente révolutionnaire. Les actuels propriétaires sont la 7e génération à habiter les lieux depuis l’acquisition par leur ancêtre, Henri Colomb.

C’est en 1841 qu’Albin Colomb, petit-fils de l’acquéreur, reçoit en cadeau le château des Lèbres pour son mariage. Il s’y installe avec sa famille après avoir considérablement réaménagé l’intérieur de la propriété. Il dessina également un élégant parc à l’anglaise, l’ornant de nombreuses essences d’arbres rares. Il y fit planter des parterres de fleurs alimentés par un ingénieux réseau de bassins et de fontaines. Les restes du portail de l’ancien fort de Banne furent déplacés au château des Lèbres, à sa demande. Ce portail est aujourd’hui visible en passant sur la D901.

Alors maire de Banne, Albin Colomb fit don à la commune des ruines du fort de Banne.

VUE AERIENNE DU CHÂTEAU DES LEBRES

PORTAIL DU FORT DE BANNE DEPLACE AU CHÂTEAU DES LEBRES PAR ALBIN COLOMB

 

 

 

 

 

 

Durant la seconde guerre mondiale, en juillet 1944, le château des Lèbres est le théâtre d’une bataille opposant le maquis local aux troupes allemandes. A la suite du combat, un détachement de SS pilla puis incendia la propriété. Malgré d’irréversibles dégâts, la majeure partie des bâtiments a pu être reconstruite.

Le parc fait l’objet, depuis une dizaine d’années, d’une remise en valeur qui tend à lui redonner sa splendeur d’antan. Depuis juillet 2016, il est possible de façon occasionnelle de le visiter, notamment à l’occasion des Journées nationales du patrimoine.

LE GRAND-BASSIN, sept 1901

LE GRAND-BASSIN, Aujourd’hui